La Revanche de la Boîte Noire (pinhole camera)

stenocameraÀ l’heure où le tout-numérique aseptise la photo, les amoureux de l’image se tournent vers des méthodes ancestrales pour redonner aux clichés une dimension poétique. Loin des tirages en rafale, le sténopé (pihole en anglais) prend son temps et joue de son charme nostalgique.
À l’affût du bon angle, jaugeant la luminosité ambiante, le sténopiste commence par s’imprégner de ce qui l’entoure. Il positionne ensuite son appareil, une simple boîte percée sur un côté et tapissée de papier photo, et attend patiemment, tel un pêcheur taquinant le brochet.

À l’antithèse de l’instant décisif porté aux nues par Henri Cartier-Bresson, le sténopé capture des images « vivantes ». « Avec un temps de pose très long, on enregistre les mouvements, on capture l’âme du sujet », s’amuse Guy Cartier, qui a redécouvert le plaisir de la photo à travers cette pratique artisanale. Intrigant, voire déroutant, le résultat recèle toujours une part d’incertitude qui pimente ces clichés pris sans viseur ni déclencheur. Boîte à gâteaux ou à chaussures, valise… Leur forme et leur taille rendent chaque épreuve unique. « On peut même créer ses propres effets spéciaux avec des parois courbes ou en multipliant les trous », confie Marie-Noëlle Leroy, photographe et commissaire de Nature urbaine, la 2e Exposition internationale de photographie au sténopé, au Bourget.
La seule limite à cet art accessible à tous est l’imagination. Alors, sortez Scotch et cutter :
il ne vous reste plus qu’à choisir votre chambre noire… Une belle boîte à thé
peut-être ?

Par Anaïs Albrieux

Toutes les infos sur la journée mondiale du sténopé le 27 avril ICI .

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